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La solidarité en temps de crise
published by , on 13/03/2009

Certaines entreprises poussent leurs employés et leurs cadres à temporairement travailler moins afin d’éviter les licenciements. En soi, c’est une belle preuve de solidarité entre travailleurs. Les entreprises utilisent à cet effet différents mécanismes, allant d’une convention collective de travail (CCT) dite de solidarité à des formules de crédit-temps. Toutefois, ces dernières me gênent.

Bien sûr, je sais que les entreprises ne sautent pas sur la moindre occasion pour effectuer des licenciements et qu’elles cherchent des solutions créatives pour pouvoir garder les bons employés. Je comprends très bien leur raisonnement: les temps sont actuellement difficiles et je peux me séparer aisément de quelques employés, mais que se passera-t-il si l’économie rebondit? Si une entreprise a réduit ses effectifs, il lui faudrait à nouveau procéder à des recrutements. Logique et efficacité ne vont pas toujours de pair. Il vaut mieux avaler maintenant la pilule amère avec quelques portes de sortie créatives pour pouvoir ensuite compter sur ses fidèles employés.

Ce qui me gêne dans tout ça, c’est que les entreprises poussent leurs employés à prendre des crédits-temps. C’est une aubaine pour elles, qui peuvent ainsi réduire leurs dépenses. Mais c’est un nouveau trou pour la sécurité sociale, qui est une fois de plus sollicitée alors qu’elle connaît un déficit colossal. Les employés qui utilisent les crédits-temps le font aux frais du reste de la population. Il me semble que nous sommes en train de diminuer les charges des entreprises pour alourdir celles de la sécurité sociale. Un tour de passe-passe qui risque de nous coûter cher car quelqu’un va bien finir par devoir payer. À moins que quelque chose m’échappe? Je me demande si nous n’aurions pas mieux fait de reporter l’indexation de 4,5% qui a eu lieu en janvier, vu la crise. Je suis sûre que cette mesure aurait permis de sauver nombre d’emplois.

Il me semble que le partage des tâches est assez aisé dans les grandes entreprises, où il y a suffisamment de gens qui peuvent reprendre une partie du travail de leurs collègues. Dans une PME, c’est totalement impossible, croyez-moi. Je ne peux rien faire sans mon directeur des ventes, mon directeur financier, mon développeur de bases de données et tous mes autres employés. S’ils devaient travailler en 4/5ème temps, personne ne pourrait pallier leur absence. Mon entreprise se mettrait en difficulté avec une telle mesure. En outre, je suis entourée de jeunes gens qui veulent absolument travailler à temps complet. Si je devais leur demander de prendre un crédit-temps, ils chercheraient rapidement une autre place. Par exemple à l’État, où l’on continue à recruter. Car, crise ou pas crise, l’État offre toujours des postes attractifs et à temps plein. Mais c’est, une fois de plus, une autre histoire…

(Ce ‘billet’ est paru également dans L’ Echo et sur le blog de CVwarehouse)

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